Peripeties Nocturnes

12 septembre 2009

Hier soir apres une soiree avec les autres Sciences Po en 3eme annee a Taiwan je prends un taxi pour rentrer chez moi. Je monte dans la voiture, le chauffeur me demande ou je vais. Je reponds donc “国际学舌” (Guo ji xue she = International House) Evidemment il ne sais pas ou c’est mais ici, une fois que vous etes monte dans un taxi il ne vous laissera pas redescendre, meme s’il n’a aucune idee d’ou il doit vous emmener.

Comme il ne sais pas ou c’est et que je ne connais pas le nom de la rue je lui dis: “是七张旁边” (shi qizhang pangbian) Je ne suis pas tres sure de la correction grammaticale de ma phrase mais litterallement sa veut dire “c’est a cote de qizhang” qui est une station de metro.

La encore il ne me comprends pas. Je repete donc 七张,qui est cense se prononcer en chinois “Tchi Djang”.  Je lui repete bien une dizaine de fois, j’essaye de lui expliquer dans un chinois plus qu’approximatif que c’est une station de metro, je lui donne meme le nom des stations avoisinantes, je lui montre mon Easy Card (pass pour le metro), rien a faire.  Je lui demande s’il a un crayon mais evidemment non, je tente de lui dessiner le caractere dans le vide mais il ne me comprends toujours pas. Je voudrais bien changer de taxi, essayer d’en trouver un qui me comprends mieux mais il ne veut pas que je parte, ici  les chauffeurs de taxi preferent perdre 20 minutes qu’un client, heureusement pendant ce temps la le compteur ne tourne pas. Au bout d’un moment un chinois passe dans la rue, le chauffeur l’interpelle et lui demande s’il a un crayon. Je peux finalement ecrire le nom de la station “七张

Et la il me regarde comme si sa tombait sous le sens et me dit oh! Tsi Dzang! Ok ok!” Et oui on est a Taiwan ici et les gens n’ont pas le meme accent… Mais je suis quand meme partagee entre le soulagement qu’il m’ai enfin comprise et l’agacement. Si en France quelqu’un me demande ou il peut trouver la station “Tchatte Lette”, je vais peut etre lui demander de repeter mais je vais comprendre qu’il veut aller a Chatelet. Donc que le chauffeur soit incapable de me comprendre parce que jai dit Tchi Djang et pas Tsi Dzang me parait un peu limite.

Une fois qu’on est arrive la bas il s’apprete a s’arreter et je dois encore lui expliquer que c’est A COTE de  七张 et non pas a七张. Je lui explique que je vais le guider, et que je lui dirait  左边” et “右边” (gauche et droite), je galere un peu parce que je n’ai fait ce chemin qu’en bus, heureusement que mon sens de l’orientation n’est pas trop pourri.

Au bout d’une demi-heure d’explication pour 10 min de taxi j’arrive enfin chez moi pour 250 NT (5 Euros) en me disant que la prochaine fois je n’oublierais pas la carte de visite de l’I-house sur laquelle il y a l’adresse indiquee en chinois.

 

 

A la découverte de la jungle urbaine

3 septembre 2009

Après une semaine passée à Taipei voici mes premières impressions – sûrement très ethnocentristes- de cette ville dont j´essaye de comprendre peu à peu le fonctionnement.

Les villes me passionnent, j´ai la chance d´avoir pu en visiter plus d´une et je remercie mes parents de ne pas nous avoir emmenés au camping de Montreuil-Juigné tous les ans au même emplacement depuis que nous sommes petits.

Oui vraiment les villes me passionnent, ces lieux étranges si artificiels, créés par l´Homme au fil des siècles, pour y concentrer leurs activités tout aussi artificielles et propre à l´espèce humaine.

Taipei à le mérite d´être ma première expérience urbaine en Asie et je c´est avec beaucoup de plaisir que je la découvre au fur et à mesure, que je l´observe et que je tente de l´analyser.

Ce qui me marque pour l´instant dans la capitale taïwanaise est son apparente désorganisation générale. Pour la première fois j´ai l´impression de pouvoir associer des images à l’expression « jungle urbaine ». Mon instinct de futur « stratège territorial et urbain »* est en éveil et les idées fusent dans ma tête quant à ce dont il faudrait s’inspirer et appliquer en Europe et ce qu’il faudrait changer pour faire de la ville un endroit plus durable et plus agréable à vivre.

Quand on pense « ville agréable » on pense souvent « ville propre », des années de matraquage médiatique autour du tri selectif et des motocrottes ont sûrement contribué à cela d’ailleurs… Et bien du point de vue de la propreté Taipei est le paradoxe même. Il n´y a pas de déchets par terre, ni de crottes de chien. Et pourtant chaque fois que je veux jeter quelque chose à la poubelle dans la rue impossible d’en trouver une et gare à toi si tu oses jeter quoi que ce soit au sol. Comment font les gens alors? Est-ce qu’il mange le sandwich ET l’emballage du sandwich? Le mystère reste entier.

Pour les déjections canines c’est pareil, il y a beaucoup de chiens à Taipei mais seulement des chiens errants. Comme cela m’étonnerais qu’ils disposent eux mêmes leurs trésors dans un petit sac plastique avant de le jeter j’imagine que les gens dans la rue s’en occupe naturellement. Mais honnêtement si je vois un chien errant se soulager sur le trottoir, je n’irais pas ramasser, surtout que comme il n’y a pas de poubelles je ne compte pas me balader avec la crotte d’un chien dans un sac plastique pendant 3/4 d’heure avant de pouvoir la jeter.

Taipei est donc une ville propre alors que rien n’est prévu pour qu’elle le soit. En France c’est l’inverse on multiplie les campagnes de sensibilisation, on met des poubelles partout et malgré tout les villes sont dégueulasses.

Mais pour être une ville propre il faut aussi que l’air le soit. De ce côté là Taipei à encore un long chemin à parcourir. Cette ville n’est pas faite pour les piétons. Les trottoirs sont petits ou inexistants, les feux piétons ne reste verts que quelques secondes et n’empêchent pas les voitures et les scooters de circuler quand même… Même si le réseau de transports en commun est plutôt développé il cesse de fonctionner très tôt (11h pour les bus, minuit pour le métro) après ce sont les taxis qui font la loi. Résultats: tout le monde circule en voiture ou en scooter, (il n’est d’ailleurs pas rare de voir une famille entière sur un deux roues et si les adultes ont des casques les enfants en général n’en ont pas…) L’air est donc trés pollué par toute ces circulation est les climatiseurs dans tous les lieux fermés ne contribue pas vraiment à une meilleure qualité de l’air.

J’aurais encore plein de choses à développer à ce sujet mais cet article commence à se faire long et je suis consciente que le développement urbain n’est pas nécessairement un sujet qui passionne tout le monde… En relisant cet article je me rends compte que la description que je fait de Taipei est assez négative. Mais soyons clair j’aime beaucoup cette ville, je suis sous le chare de la jungle electrique, mais tout de même je ne peux pas m’empêcher de penser à tout ce que je ferais le jour où je serais Maire de Taipei…

* j’envisage le master STU (stratégie territoriales et urbaines) de Sciences Po

Au départ il y a le commencement

25 août 2009

Bienvenue sur ce blog!

 J’ai décidé de créer ce blog pour que ma famille et mes amis ou tous ceux que cela intéresse puissent suivre le cours de mes péripéties taïwanaises durant cette année d’étude. 

 A l’heure qu’il est je ne sais pas vraiment plus que vous à quoi ressemble la vie ici. Je suis arrivée hier et me suis pour l’instant contentée de me rendre jusqu’à ma cité étudiante et de faire quelques courses mineures. 

 Pour l’instant le moral n’est pas vraiment au beau fixe, le départ a été difficile. Il y a deux mois je quittais le Havre et mes amis de sciences po, il y a une semaine j’ai du quitté Angers, ma famille et mes amis de longue date. Avant hier l’étape la plus difficile restait à franchir, dire au revoir à mon amoureux à l’aéroport sans vraiment savoir si je le reverrais et dans quelles conditions…

 A l’heure actuelle je m’éfforce de penser que cette année va être géniale, que je vais rencontrer plein de gens, expérimenter un nouveau mode de vie, voyager, étudier aussi… Mais très vite l’idée que mon mode de vie en France me convenait très bien revient au galop et je n’ai plus qu’une envie, remonter dans l’avion jusqu’à Paris et retrouver l’homme de ma vie…

 Mais bon il faut voir le bon côté des choses. Quê Minh, une autre élève de Sciences venant passer sa troisième année à Taipei arrive demain, ça devrait être plus facile à deux.

Le climat est un peu difficile à supporter 35 degré à l’ombre et plutôt humide ce qui donne l’impression qu’il fait plus chaud mais il y a la clim’ partout et d’après ce qu’on m’a dit ça devrait se rafraîchir d’ici un mois…

Je me force à penser que les cafards et les criquets de 20 cm sont des bestioles sympathiques ou tout du moins innoffensives, et puis si je me mets à hurler chaque fois que j’en vois un je risque de ne plus avoir de voix très prochainement…Tant que je n’en trouve pas dans ma chambre tout va bien. 

La cité internationale où j’ai ma chambre est plutôt pas mal, avec une superbe vue depuis les chambres (photo).

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Sauf que comme vous pouvez l’imaginé vu le panorama, le bâtiment est tout en haut d’une colline et loin du centre de Taipei mais ce n’est pas vraiment un problème car un bus se rend jusqu’au métro en 10 min pour 15 NTD (30 ct d’Euros).

Ma chambre est prévue pour deux, pour l’instant je suis seule mais j’imagine que ma coloc va arriver bientôt ce qui là encore rendra l’impression de solitude moins forte.

C’est à peu près tout pour le moment, en même temps je ne suis ici que depuis 24 heures…